L’assaut de Majorque en 1229 : un plafond peint inédit du XIIIe siècle à Montpellier…

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Sonneurs de buisine sur le château arrière du bateau se dirigeant vers Majorque. Détail de la poutre maitresse.

La richesse des décors des maisons urbaines médiévales occitanes

     De nouvelles découvertes et publications viennent régulièrement attester de la richesse de notre région en plafonds peints médiévaux. En 2017 je vous ai présenté sur ce blog l’extraordinaire décor de la maison du viguier Bérenger Mage à Lagrasse, réalisé vers 1278. Quelques mois après, Jean-Louis Vayssette nous donnait la primeur d’une nouvelle découverte lors d’une réunion de l’Association internationale de recherche sur les Charpentes et Plafonds Peints Médiévaux, présidée par l’historienne Monique Bourin. Cette découverte vient de faire l’objet d’un livre édité par la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie dans la collection DUOLa conquête de Majorque par Jacques d’Aragon – Iconographie d’un plafond peint montpelliérain du XIIIe siècle.

Un écho de la croisade des Albigeois

     Dans une enquête passionnante les auteurs nous racontent l’historique des découvertes, les techniques de réalisation, la description et l’identification des décors, la recherche des commanditaires. Le décor peint appartient à trois époques. Le plus récent est un oratoire peint en style gothique, dédié à saint Christophe. Le plus ancien est contemporain de la construction de la maison, au début du XIIIe siècle. Sur un linteau de porte figure les armoiries des Montfort, d’Aragon, de France et des Plantagenets. La forme des écus, ainsi que la présence des armes des Montfort, permettent de situer ce décor entre la venue de Simon de Montfort en Languedoc (1209) et le départ de son fils Amaury en 1224. C’est sans doute la plus ancienne représentation peinte des armes des Montfort et l’une des rares représentations contemporaines de la Croisade des Albigeois.

Linteau armorié

Linteau armorié de porte. On discerne de gauche à droite les armoiries des Montfort, d’Aragon, de France et des Plantagenêt rois d’Angleterre.

Moulage de sceau, Service des sceaux, Archives nationales, Paris.

Contre sceau de Simon de Montfort, à comparer avec la représentation ci-dessus. Le sens du lion à la queue fourchue des Montfort varie suivant les représentations. (Moulage : D 708 bis)

Un décor à la gloire d’un chevalier urbain

     Mais le décor le plus intéressant est constitué par un plafond peint où figure une représentation de la conquête de Majorque. C’est le grand fait d’armes de Jacques Ier, roi d’Aragon et comte de Barcelone, né à Montpellier en 1208.  Cette conquête a été réalisée entre 1229 et 1230 avec l’aide notamment de nombreux occitans dont Olivier de Termes et Chabert de Barbaira, ainsi que des narbonnais et montpelliérains. La poutre maitresse porte une représentation se lisant comme une bande dessinée. Aux extrémités des bateaux convergeant vers l’île de Majorque ; au centre des scènes de combats à cheval entre Sarrasins et Chrétiens qui finissent par donner l’assaut à la ville de Majorque. Les armoiries permettent d’identifier des combattants : des montpelliérains et des catalans, parmi lesquels les Anglesola, les Montcada, le comte d’Empuriès et un mystérieux cavalier portant un arbre sur ses armes. Ces armes, qui se répètent en d’autres endroits du décor, seraient celle du propriétaire et sont identifiées par les auteurs à un membre de la famille de Pignan.

     Pour Jean-Louis Vayssette le décor a été commandité par un chevalier participant à la conquête, sans doute peu de temps après son retour de Majorque. Il s’agissait, pour le propriétaire, de rappeler sa participation à un fait glorieux et de rendre hommage à son seigneur, le roi Jacques, natif de la ville. Par sa datation haute, estimée entre 1230 et 1250, ce décor historié est contemporain de celui du palais des archevêques de Narbonne, mais plus ancien que les fresques sur le même thème conservées à Barcelone. On consultera à ce sujet avec profit le remarquable livre d’Agnès et Robert Vinas, qui réunit l’ensemble des sources écrites et de l’iconographie de la conquête de Majorque. Ce livre a constitué la clé de lecture du décor peint.

Un ouvrage remarquable, distribué gratuitement

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     Signalons que le livre, remarquable par sa méthode et son contenu, est de plus distribué gratuitement. Il est disponible sous forme papier auprès de la Direction régionale des Affaires Culturelles de Montpellier ou Toulouse. Il est également téléchargeable. (Voir lien ci-dessous).

Pour en savoir plus :

 

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Un rare sceau féminin en forme d’écu découvert à Belpech

 

     Au Moyen Âge les femmes sont généralement cantonnées à la sphère privé. Et quand elles interviennent publiquement, notamment comme auteur d’un acte écrit, elles le font le plus souvent conjointement avec leur père, leur époux ou leur fils qui scelle l’acte. Aussi est-il rare qu’elles possèdent un sceau personnel. Ce sont surtout les veuves de la bourgeoisie qui font usage d’un sceau autonome. Tel est peut-être le cas d’Augart, femme d’Eimeric Pica, dont le sceau a été retrouvé à Belpech. Curieusement, Augart a choisi un sceau scutiforme, c’est à dire en forme d’écu ou de bouclier. Elle y fait graver des armoiries inspirées semble-t-il, des armes des vicomtes de Castelbon. Cet emprunt d’emblèmes au monde des chevaliers caractérise la bourgeoisie urbaine qui, à partir de la fin du XIIIe siècle, imite les modes de vie aristocratiques.

 

Sceau Augart

Face du sceau, retourné pour une meilleur lecture de la légende

 

     Retrouvez l’étude de ce sceau dans le dernier bulletin de la Société d’Histoire du Garnaguès – Belpech et son canton :

LANGLOIS (Gauthier). – « Un rare sceau féminin médiéval découvert à Belpech : la matrice scutiforme d’Augart, femme d’Eimeric Pica », Carnets de Garnac. Bulletin semestriel de liaison et d’information de la Société d’Histoire du Garnaguès – Belpech et son canton, n° 50, octobre 2017, p. 20-22.

Le bulletin est disponible auprès de la Société dont vous trouverez les coordonnées en cliquant sur l’image ci-dessus.

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Mieux vaut servir le roi : les Abban ou l’ascension sociale d’une famille occitane pendant la Croisade des Albigeois

chavalier-raimond-abbanRaimond Abban en cavalier, peint vers 1278 sur le plafond de la maison de Béranger Mage

Communication présentée par Gauthier Langlois dans le cadre des séances mensuelles de la Société d’études scientifiques de l’Aude
samedi 16 décembre 2017 à 14h30
Carcassonne, auditorium de la chapelle des Jésuites.

     Dans la première moitié du XIIIe siècle, les frères Abban, issus d’une branche cadette de seigneurs châtelains des Corbières, ne pouvaient espérer une place honorable dans la société grâce à leur seul héritage. C’est pourquoi la Croisade des Albigeois constitue pour eux une opportunité d’ascension sociale. Alors que la majorité des chevaliers occitans s’engage dans une résistance contre l’Église catholique et le roi de France, Raimond, Guilhem et Bérenger Abban font un choix politique et religieux très différent. Ils s’engagent au service du roi et participent à toutes les opérations militaires menées contre les rebelles et les cathares : les sièges de Cordes (1227) et Toulouse (1228), la défense de la Cité de Carcassonne assiégée par Trencavel (1240), le siège de Montségur (1243-1244), la prise de Quéribus (1255). Leur engagement indéfectible aux côtés du roi en Languedoc et en Terre Sainte leur attire l’hostilité de faidits tels que le farouche Chabert de Barbaira ; mais aussi, à l’opposé, l’amitié du valeureux Olivier de Termes. Leur fidélité au roi leur vaut l’attribution de seigneuries dans les Corbières et leur accession au rang de barons de la sénéchaussée aux côtés des Lévis ou des Voisins. Ils sont les fondateurs d’une dynastie qui se maintient à la tête de plusieurs seigneuries des Corbières jusqu’au XVIIIe siècle. Leur parcours est représentatif de ces occitans qui participent, par opportunisme ou sincérité, à l’affirmation de la monarchie française au cours des XIIIe et XIVe siècles.

     Cette communication sera précédée par une communication sur l’enceinte fortifiée de l’abbaye cistercienne de Villelongue par l’archéologue Frédéric Loppe.

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Aux origines de la chanson de geste Guillaume d’Orange : traditions historiques et légendaires musulmanes et chrétiennes autour de la razzia sarrasine de 793 en Languedoc

Gauthier LANGLOIS

Aux origines de la chanson de geste Guillaume d’Orange : traditions historiques et légendaires musulmanes et chrétiennes autour de la razzia sarrasine de 793 en Languedoc

Communication au 63e Congrès de la Fédération historique Midi-Pyrénées

« Les rapports entre les religions, dans le Midi, des origines à nos jours »
Castres, 6-8 octobre 2017.

Résumé

La Chanson Guillaume d’Orange, l’un des plus anciennes chansons de gestes, est traditionnellement interprétée comme une évocation de la bataille opposant en 793 le duc Guillaume et une armée de l’émir de Cordoue entre Narbonne et Carcassonne. Cette bataille, qui constitue l’un des affrontements majeurs entre Sarrasins et Francs sous les Carolingiens, a pourtant été bien oubliée dans l’historiographie et la mémoire contemporaine qui s’est focalisée sur la bataille de Poitiers.

Des traditions historiques ou légendaires non encore exploitées permettent de confirmer la localisation sur l’Orbiel proposée en 1941 par Elie Griffe et de préciser l’itinéraire des combattants. Ces traditions expliquent l’issue de la bataille par une intervention divine. Pour les chrétiens les sarrasins auraient rebroussé chemin à la vue du menhir de Malves puis à l’apparition de la Vierge. Un miracle commémoré à Trèbes jusqu’à la Révolution par une procession annuelle. De manière similaire les musulmans expliquent leur départ par la présence d’une statue juchée sur une colonne sur laquelle une inscription les menaçait en ces termes : « fils d’Ismaël, faîtes demi-tour. (…) Si vous ne rebroussez pas chemin, vous vous entretuerez jusqu’à la fin des siècles ».

Les traditions de la bataille de l’Orbiel s’insèrent dans un ensemble de traditions épiques centrés sur Narbonne, Lagrasse ou Carcassonne telle que la Légende de Dame Carcas. Leur étude contribue à éclairer l’origine des chansons de geste du cycle de Guillaume d’Orange et à mieux comprendre l’image des musulmans dans la société médiévale occitane et chrétienne.

 

Tour_Ferrande_-_légende_de_Guillaume_d'Orange

Guillaume d’Orange vainc le géant Isoré,
fresque de la Tour Ferrande à Pernes-les-Fontaines, fin du XIIIe siècle (Source : Wikipedia)

 

Cette communication aura lieu le 6 octobre 2017 dans le cadre de l’Atelier 1 « Du paganisme aux Sarrasins » qui se tiendra de 14 h à 16 h en la Chambre de commerce et d’industrie de Castres (Tarn), 40 allées Alphonse-Juin. Plus d’informations et programme complet du congrès ici : 63e Congrès FHMD – Castres 2017.

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Un exceptionnel plafond peint armorié du XIIIe siècle découvert à Lagrasse

Sous le titre « La maison de Bérenger Mage, viguier de Lagrasse au XIIIe siècle et son plafond peint armorié », Jean-Pierre Sarret, Julien Foltran et Gauthier Langlois viennent de publier, dans le Bulletin de la Société d’études scientifiques de l’Aude, les premiers résultats de leur étude sur un plafond peint. Un décor exceptionnel par son ancienneté et la richesse de son décor. Vous trouverez ci-dessous une présentation de cette recherche et un lien vers l’article en ligne.

Visage d'homme

Visage d’homme

Surprises et coïncidences

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     La restauration des maisons anciennes révèle bien des surprises. En s’installant à Lagrasse, un charmant bourg des Corbières connu pour son abbaye bénédictine, Guy Viccars, citoyen de sa majesté britannique ne s’attendait pas à découvrir dans sa maison une représentation du roi d’Angleterre du XIIIe siècle ! Ni à apprendre, quelques années plus tard, que le premier propriétaire de la maison exerçait au XIIIe siècle le métier de viguier, métier que devait également exercer vers la même époque l’ancêtre de l’actuel propriétaire puisque le nom Viccars est la forme anglaise de viguier !

Un extraordinaire décor peint à conserver

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Diable en érection

     En fait c’est un extraordinaire décor peint que découvre Guy Viccars à l’occasion de travaux de rénovation de sa maison. Un décor peuplé de cavaliers en armes, de monstres hybrides, de décors floraux et géométriques. Malheureusement ce décor est en pièces détachées. Or par une heureuse coïncidence le conseil municipal de Lagrasse compte parmi ses membres un archéologue médiéviste.  Jean-Pierre Sarret a notamment à son actif la direction des fouilles de Montségur et la création du Centre d’archéologie médiévale du Languedoc. Avec la mairie et la Direction régionale des affaires culturelles il oeuvre pour l’étude et la restauration des planches peintes. Confié par son propriétaire à la commune de Lagrasse, une partie de ce décor est nettoyée et consolidée par un restaurateur de la région, Jérôme Ruiz. Cet ensemble est ensuite exposé au public dans une préfiguration de la « Maison aux Images, centre de valorisation des arts décoratifs médiévaux en Méditerranée » située près de l’église de Lagrasse. Il rejoint d’autres décors peints conservés in situ ou provenant de plusieurs maisons de Lagrasse et d’un hôtel particulier de Montpellier.

Un décor étudié par trois chercheurs

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Monstre issu du bestiaire imaginaire médiéval

     Reste à étudier l’ensemble restauré, qui ne représente que 14% du décor conservé. (Le reste est en cours de restauration). Jean-Pierre Sarret connaît bien le sujet. Il est l’un des fondateurs de l’Association Internationale de recherche sur les Charpentes et Plafonds Peints Médiévaux. Il s’associe pour cette étude à deux autres historiens : Julien Foltran et Gauthier Langlois. Julien, jeune étudiant, prépare alors une thèse d’histoire sur les bourgs monastiques. Il connaît comme sa poche les maisons médiévales de Lagrasse et notamment celle d’où provient le plafond peint. Gauthier Langlois, (le rédacteur de ce blog), est l’auteur d’une biographie remarquée du chevalier Olivier de Termes. Gauthier connaît comme sa poche les familles aristocratiques des Corbières au Moyen Âge et notamment leurs armoiries.

Un an d’études

     Commencée en octobre 2015, la collaboration de ces trois chercheurs aboutit à une communication présentée à la Société d’études scientifiques de l’Aude en novembre 2016 puis à la publication, en mai 2017, d’un article dans le Bulletin de la Société d’études scientifiques de l’Aude. En voici le résumé :

Un Facebook médiéval

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L’image « Facebook » du propriétaire. Le chevalier Arnaud Mage, fils du viguier Bérenger.

     Dans les années 1270 les Mage, une famille bourgeoise en cours d’intégration à la noblesse, se fait construire une riche maison à Lagrasse. Elle manifeste son nouveau rang social par une salle de réception réalisée dans le style gothique à la mode : décor sculpté des fenêtres provenant du chantier de la cathédrale de Carcassonne ; plafond peint mêlant influences françaises et hispaniques. La partie actuellement visible du décor peint montre des motifs géométriques et des animaux fantastiques alternant avec des cavaliers en armes. Le décor héraldique, réalisé vers 1278-1279 peut-être par un atelier carcassonnais, traduit la situation politique et sociale. Il évoque la guerre gagnée en 1277 par la France sur la Castille pour la Navarre. Sont ainsi représentés des souverains impliqués dans le conflit, des barons de la sénéchaussée de Carcassonne et des membres de la famille Mage probablement mobilisés dans cette guerre. Ce décor est un témoignage exceptionnel sur les maisons patriciennes de la fin du XIIIe siècle et le dynamisme d’une ville en pleine expansion.

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Le roi d’Aragon

 

     Ainsi, c’est tout un pan de la mentalité et de l’iconographie médiévale que relève cette étude.  Ce plafond peint, à l’image d’une page Facebook, affiche le réseau social et les centres d’intérêt de son propriétaire.

     Vous trouverez la version numérique de l’étude publiée dans le Bulletin de la Société d’études scientifiques de l’Aude, sur le site : Société d’études scientifique de l’Aude ou sur le site : Academia.edu

Pour en savoir plus :

blanc

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Le roi d’Angleterre – The King of England

The house of Berenger Mage, provost of Lagrasse in the thirteenth century, and its ceiling painted blazoned.

Abstract. In the 1270s the Mage, a bourgeois family in integration with the nobility, had a rich house built in Lagrasse. It shows its new social status by a hall realized in the fashionable Gothic style : carved decoration of the windows coming from the site of the cathedral of Carcassonne ; Ceiling painted mixing French and Hispanic influences. The currently visible part of the painted decoration shows geometric patterns and fantastic animals alternating with armed riders. The heraldic decoration, realized around 1278-1279 maybe by a workshop of Carcassonne, reflects the political and social situation. It evokes the war won in 1277 by France on the Castile for Navarre. Are represented kings involved in the conflict, barons of the Carcassonne’ Seneschalsy and members of the Mage family probably mobilized in this war. This decoration is an exceptional testimony to the patrician houses of the end of the 13th century and the dynamism of a city in full expansion.

Keywords : bailiff, bird, carbuncle, centaur, chess-board, dolphin, dragon, eagle, elephant, fish, fleur-de-lis, griffin, harpy, heraldry, hybrid, knight, lion, leopard, notary, rosette, sagittarius, satyr, seal.

You can read this paper at : Société d’études scientifique de l’Aude or at : Academia.edu

Le roi de Navarre – El rey de Navarra

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Le roi de Navarre – El rey de Navarra

La casa de Berenger Mage, veguer de Lagrasse en el siglo XIII, y su techo pintado blasonado.

Resumen. En la década de 1270 els Mage, una familia burguesa en el proceso de integración a la nobleza, se hizo construir un hogar rico en Lagrasse. Se manifiesta su nuevo estatus social de una sala de recepción hecha en el estilo gótico en la moda : decoración tallada de las ventanas desde el obra de la catedral de Carcasona ; techo pintado mezclando influencias francesas e hispánicas. Actualmente la parte visible de la decoración pintada muestra motivos geométricos y animales fantásticos que alternan con jinetes armados. La decoración heráldica, hecha alrededor de 1278-1279 quiso por un taller de Carcasona, refleja la situación política y social. Se refirió a la guerra ganada en 1277 por Francia contra Castilla para la posesión de Navarra. Son representados soberanos involucrados en el conflicto, barones de la senescalía de Carcasona y miembros de la familia Mage probablemente movilizados en esta guerra. Esta decoración es un testimonio excepcional de las casas patricias de finales del siglo XIII y el dinamismo de una ciudad en crecimiento.

Palabras claves : águila, ajedrez, ave, caballero, centauro, delfín, dragón, elefante, flor de lis, grifo, harpía, heráldica, híbrido, leopardo, notario, pece, rayo de carbunclo, rueda, sagitario, sátiro, sello, veguer.

Este artículo se puede leer aquí : Société d’études scientifique de l’Aude o aquí : Academia.edu

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La circulation d’une légende épique sur les chemins de Saint-Jacques : la légende de Dame Carcas et ses adaptations

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Deu la Deu, une dame Carcas portugaise. Cheminée de l’hôtel de ville de Monçao

     Dans le cadre du 142e Congrès des sociétés historiques et scientifiques qui se tiendra à Pau du lundi 24 avril au jeudi 27 avril 2017, Gauthier LANGLOIS donnera une communication intitulée « La circulation d’une légende épique sur les chemins de Saint-Jacques : la légende de Dame Carcas et ses adaptations, pyrénéennes, ibériques et occitanes. »

Résumé :

     La Légende de dame Carcas dérive d’une ou plusieurs chansons de geste centrées sur le siège de Carcassonne par Charlemagne sur les sarrasins. Ces chansons de gestes sont perdues mais la légende est connue par la tradition orale recueillie à l’époque moderne, des allusions dans la littérature épique et une fresque du XIIe siècle au château comtal de Carcassonne. Une étude comparative des stratagèmes évoqués dans les légendes de siège européennes permet d’arriver aux conclusions suivantes : la Légende de Dame Carcas s’est diffusée à travers les Pyrénées par les chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle empruntés notamment par des chevaliers participant à la Reconquista, des troubadours et des clercs constituant son principal public. Elle a alors inspiré la composition d’autres légendes fondatrices d’une identité locale, principalement en France méridionale et dans le Nord de la péninsule ibérique, notamment à Lourdes, Saint-Jean-de-Valcabrère, Uzerche, les Baux-de-Provence, Monsanto, Monçao…

     Cette communication se tiendra dans le cadre de la séance consacrée au thème IV.1. Montagnes et montagnards comme objets d’explorations et d’études, le mardi 25 avril 2017 à partir de 14 h à l’Université de Pau-Pays d’Adour. Entrée libre et gratuite.

Pour en savoir plus cliquer sur les liens suivants :

 

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En cette rentrée 2017, l’AEC vous propose samedi 25 février 2017 une conférence inédite de l’historien médiéviste Gauthier Langlois : Les frères Abban, des occitans à l’assaut de Montségur.

AEC / René Nelli

Samedi 25 février 2017. En cette rentrée 2017, l’AEC / René Nelli vous propose une conférence inédite de l’historien médiéviste Gauthier Langlois:

Les frères Abban, des occitans à l’assaut de Montségur

Auditorium de la chapelle des Jésuites à Carcassonne, 14 h 30, entrée libre et gratuite.

chavalier-raimond-abbanDans la première moitié du XIIIe siècle alors que la majorité des chevaliers occitans s’engage dans une résistance contre l’Église catholique et le roi, Raimond, Guilhem et Bérenger Abban, trois frères originaires d’Albi, font volontairement un choix politique et religieux très différent. Au service du roi de France ils participent à toutes les opérations militaires menées contre les rebelles et les cathares : les sièges de Cordes (1227) et Toulouse (1228), la défense de la Cité de Carcassonne assiégée par Trencavel (1240), le siège de Montségur (1243-1244), la prise de Quéribus (1255). Leur engagement indéfectible aux côtés du roi en Languedoc…

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