Blanchot de Brenas, inventeur du curé de Cucugnan

Cette gravure, publiée en 1834 dans les Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France, montre la Cité dans l'état de ruine grandiose telle que Blanchot de Brenas l'a découverte en 1858

Cette gravure, publiée en 1834 dans les Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France, montre la Cité dans l’état de ruine grandiose telle que Blanchot de Brenas l’a découverte en 1858. Remarquer les paysans et les muletiers au premier plan.

Blanchot de Brenas, l’inventeur du « Curé de Cucugnan », son voyage à Carcassonne et dans les Corbières en 1858

     Au milieu du XIXe siècle, la visite des Pyrénées et des ruines médiévales sont des destinations fort prisées des romantiques en quête de pittoresque. Cependant, si Carcassonne est un site déjà assez visité, rares sont ceux, tel le jeune Auguste Blanchot de Brenas, qui se risquent sur les mauvais chemins des Corbières.

      En juin 1858 Auguste et son ami Félix décident de visiter le Languedoc en commençant par Carcassonne. Une rencontre dans la Cité les pousse à poursuivre leur voyage touristique par les Corbières, région alors inaccessible et ignorée.

     Dans le journal qu’il tient à cette occasion, Auguste conte avec beaucoup d’humour les aventures des deux jeunes gens sur les mauvais chemins des Corbières. Fin observateur, il restitue avec fidélité et talent les paysages grandioses, les rencontres avec de pittoresques personnages, les mœurs et les coutumes de cette contrée sauvage. Passionné par les légendes, il raconte les exploits de Dame Carcas contre Charlemagne à Carcassonne ou les méfaits des fées lavandières de l’Orbieu qui font tourner la tête aux jeunes garçons. Le récit de voyage, publié en feuilleton entre 1858 et 1859, s’achève par le sermon du curé de Cucugnan qui s’efforce de sauver ses ouailles de l’enfer.

     Cette dernière histoire a acquis une célébrité mondiale grâce aux plagiats qu’en ont fait Roumanille et Alphonse Daudet mais son inventeur, Auguste Blanchot de Brenas, est bien oublié. Seuls quelques spécialistes de la littérature se sont intéressé à cet auteur et dans le seul but d’établir la filiation littéraire du fameux sermon. Quelques historiens et ethnologues ont puisé dans le récit de voyage des informations précieuses sur la vie quotidienne et le folklore au XIXe siècle. Mais personne ne s’est intéressé de manière critique au récit. Ce sont ces lacunes que cet article se propose de combler. Qui était vraiment Blanchot de Brenas ? Quelle fiabilité accorder à son récit et que peut-il nous apporter ? Le sermon du curé a-t-il bien été entendu à Cucugnan ?

couverture SESA 2015 - CopieLes réponses à ces questions vous les trouverez dans l’article paru en mai 2016 dans le Bulletin de la Société d’études scientifique de l’Aude, tome CXV, 2015, p. 91-106.

Abstract : Blanchot de Brenas, the discoverer of the “priest of Cucugnan”, his travel at Carcassonne and in the Corbières in 1858.

     Two friends, Auguste Blanchot de Brenas, lawyer native of Velay, and Félix Jouguet, mining engineer in the Cevennes, visit the Languedoc. A meet in the City of Carcassonne drive them to explore the Corbières, inaccessible and unknown country. In his paper, Auguste tells with humour their adventures on the bad paths. Good observer, he describes with fidelity and talent beautiful landscapes, meeting colourful character, manners and customs of this wilderness. Passionate by legends, he tells the exploits de Lady Carcas against Charlemagne at Carcassonne, harms of washerwomen fairies who bewitch the young men, and « The Sermon of the Cucugnan priest » to save his parishioners from hell. This last tale was immortalized throw plagiarism of Roumanille and Alphonse Daudet but his discover was forgotten. This paper wants to discover who is this author and the interest of his travel story.

You can read this paper in the Bulletin de la Société d’études scientifique de l’Aude, tome CXV, 2015, p. 91-106.

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Italie, Provence, Vosges 1944 : témoignages sur les victoires oubliées de l’armée française

 

Conférence de Gauthier LANGLOIS, jeudi 2 juin 2016 à Arzens

« Italie, Provence, Vosges 1944 : témoignages sur les victoires oubliées de l’armée française »

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     Grâce aux victoires de l’armée d’Afrique, la France a pris place parmi les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Gauthier Langlois vous fera revivre ces évènements oubliés à travers les carnets et lettres de guerre, qu’il vient de publier, de deux officiers issus d’une famille du Lauragais. Les témoignages vivants et émouvants de son grand-père Jean Vaugien et son grand-oncle Jean Albouy nous restituent le quotidien de la guerre au milieu d’une unité de goumiers (montagnards nord-africains). Une histoire qui commence au Maroc et s’achève dans les Vosges avec la nomination de Jean Vaugien comme aide de camp du maréchal de Lattre et la mort de Jean Albouy au combat.

Conférence organisée dans le cadre des 27e Estivales de la Malepère au foyer municipal d’Arens (Aude), à 20 h 30. Entrée libre et gratuite.

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Occitanie, Languedoc, Pyrénées… Quel nom gagnera la bataille pour désigner la région ?

LRMP

     La nouvelle est tombée hier, 11 avril 2016. La région LRMP a retenu les cinq noms qui seront soumis à la consultation populaire en mai. Le choix du nom est un feuilleton qui passionne, déchaîne parfois les débats identitaires, y compris sur ce blog puisque les articles sur l’identité régionale y sont les plus lus. Et c’est bien normal. « Nommer : le nom est un destin » a écrit Claudie Duhamel-Amado, une spécialiste du Languedoc-Médiéval. Le choix du nom n’est pas neutre.

     L’assemblée régionale a fini par éliminer quatre noms et en a réintroduit un, Occitanie-Pays Catalan, sur la pression de personnes attachées à l’identité catalane :

 

  • Languedoc
  • Languedoc-Pyrénées
  • Occitanie
  • Occitanie-Pays Catalan
  • Pyrénées-Méditerranée

 

     Avant de discuter à nouveau de ces cinq propositions et faire un pronostic sur le nom gagnant, j’aimerai vous faire lire ce que j’avais rédigé il y a quelques jours. Car de la même façon qu’on ne devrait pas voter pour une personne sur sa seule apparence, on devrait pas voter pour un nom sans en connaître les origines et les enjeux. Et comme la méthode comparative est la plus efficace pour faire son choix, voici le comparatif que j’avais rédigé. Je n’y avait retenu que trois noms : Languedoc, Occitanie et Midi, car les autres, principalement les noms composés, m’apparaissaient comme des variantes.

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La région au début de la croisade des Albigeois. (Source : Wikimedia)

Origines et étymologie

Languedoc

Occitanie

Midi

L’expression Langue d’oc apparaît à la fin du XIIIe siècle dans les usages de l’administration française pour qualifier la partie du domaine royal issu des possessions des comtes de Toulouse et vicomtes de Carcassonne. Elle dérive d’une classification (attestée dans une œuvre de Dante en 1303) des langues romanes en trois familles suivant la façon de dire oui. (Oc en occitan, oïl en français, si en italien et espagnol.) Cette classification est sans doute l’œuvre de troubadours occitans, trouvères français ou leurs homologues italiens. Le nom Occitanie dérive de l’adjectif occitan attesté à la fin du XIIIe siècle dans sa forme latine pour qualifier la langue d’oc. Son usage ne se développe qu’avec la renaissance de la langue occitane au XIXe siècle, notamment pour remplacer Languedoc. Le nom Midi dérive du substantif midi qui désigne d’abord le milieu de la journée puis par extension la direction du soleil en milieu de journée -c’est-à-dire le sud- et enfin les territoires situés au sud. Le nom Midi au sens de « pays méridionaux » est attesté dès la fin du XVIIe siècle. L’usage moderne, depuis la Révolution, l’entend au sens plus restrictif de « sud de la France », notamment pour remplacer le nom Languedoc. C’est à cette époque par exemple que le « canal royal de Languedoc » est rebaptisé en « canal du Midi ».

 

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Carte de l’aire linguistique de l’occitan et du catalan par Domergue Sumien — Revue Linguistica Occitana. Source : wikimedia.

 

Étendue géographique

Languedoc Occitanie

Midi

Au sens large les terres de langue d’oc correspondent à tout l’espace occitan et catalan du XIIIe siècle. Au sens restreint le Languedoc désigne la province de l’ancien régime correspondant approximativement aux départements de Haute-Garonne, Tarn, Aude, Hérault, Gard, Lozère. Depuis la loi Defferre (1982) dotant les régions d’un Conseil régional, l’usage courant l’entend au sens plus restrictif de « Languedoc méditerranéen », c’est-à-dire la région Languedoc-Roussillon à l’exception du département des Pyrénées-Orientales. Ce nom désigne actuellement l’aire historique de la langue occitane, soit le sud de la France ainsi que quelques vallées italiennes et espagnoles. Le Midi désigne le sud de la France et se confond en grande partie avec l’aire linguistique de l’occitan en France même si ses limites sont très vagues. Mais pour les parisiens, le Midi c’est surtout la Provence, celle de Fernandel et de Pagnol.

Enjeux géographiques

Languedoc Occitanie

Midi

Dans son acception géographique première le Languedoc englobe la totalité de l’aire linguistique occitane et catalane et par conséquent la totalité de la nouvelle région LRMP. Mais ce nom est surtout perçu dans son sens le plus restrictif chez ceux qui n’ont pas une culture historique sur ce point, notamment les plus jeunes. Il est donc clivant pour les personnes attachées à une identité catalane, gasconne ou rouergate. La région LRMP ne correspond qu’à un quart de l’aire occitane et apparaît à certains comme une confiscation au profit d’une seule région de ce nom dont l’usage devrait être réservé à l’aire linguistique. L’Institut d’Estudis Occitans affirme par exemple « Occitània es 4 regions ». Enfin l’emploi du seul nom Occitanie exclut toute référence à l’identité catalane. Pour ces raisons certains proposent d’ajouter au nom Occitanie un second nom pour former un nom composé tel que « Occitanie-Pyrénées » ou « Occitanie centrale » ou encore « Occitanie-Roussillon » ou enfin, « Occitanie-Pays Catalan », nom finalement retenu parmi ceux proposés à la consultation. Le nom Midi employé seul pose le même problème qu’Occitanie. Le Midi au sens large c’est tout le sud de la France et pas seulement LRMP. C’est pour cette raison que la dénomination « Midi-Pyrénées » avait été créée, par opposition à Midi aquitain ou Midi provençal. En revanche, contrairement à Occitanie, le nom Midi n’exclut pas le Roussillon. Toutefois, comme précisé plus haut, le nom Midi est surtout associé à la Provence pour les habitants de la moitié nord de la France.
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Blason des États de Languedoc. (Armorial des Etats de Languedoc par Denis-François Gastelier de la Tour, 1767)

Enjeux identitaires

Languedoc Occitanie

Midi

Dans son sens étymologique le nom Languedoc est fortement associé à la langue et la culture occitane puisque l’expression « langue d’oc » est la première dénomination utilisée pour désigner la langue et l’espace occitan. Par ailleurs le mot languedocien qui en dérive désigne l’occitan central, ou dialecte occitan parlé dans presque toute la région LRMP, sauf l’Ouest de l’Ariège et de la Haute-Garonne, le Gers et les Hautes-Pyrénées, situés dans l’aire du gascon, et les Pyrénées-Orientales situées dans l’aire du catalan. Tout comme Languedoc, son presque synonyme, Occitanie est un nom consubstantiellement associé à la langue et la culture occitane. Largement médiatisé par divers mouvements culturels et politiques, notamment dans les années 1960, il a en partie supplanté son rival Languedoc, parce qu’il apparaît comme ayant une extension plus large. Tout comme les noms à consonance essentiellement géographique (Pyrénées, Méditerranée…) Midi a la préférence de ceux qui craignent un nom trop identitaire pouvant être le prélude à un repli sur les identités régionales et un éclatement de la France. Il est vrai que certains catalanistes des Pyrénées-Orientales évoquent ouvertement un rattachement à la Catalogne sud, dans l’hypothèse de l’indépendance de cette région d’Espagne.   Pour d’autres le Midi est associé à une identité plutôt caricaturale, celle de l’accent chantant, du pastis, des parties de boules, des nouvelles de Daudet, des films de Pagnol et de Fernandel. Une identité dans laquelle certains habitants de LRMP peuvent se reconnaître mais qui est surtout l’identité que les habitants du Nord de la France prêtent aux provençaux.

 

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Une publicité parmi d’autres de la région Languedoc-Roussillon et sa marque « Sud de France », associant sur une même image la mer, la vigne, l’olivier symbole de la Méditerranée et quelques productions fruitières.

 

Enjeux économiques

Languedoc Occitanie

Midi

Les noms Languedoc et Occitanie semblent connus et bénéficier d’une image favorable des régions voisines, notamment en Catalogne espagnole. Mais au-delà, il n’est pas sûr que la notoriété de ces deux noms soit importante. Le nom Languedoc l’emporte sans doute en notoriété à l’étranger sur Occitanie, car ce nom a bénéficié d’une existence officielle et de campagnes de promotions via la région Languedoc-Roussillon. Les deux noms sont associés aux valeurs du sud, notamment le soleil. Mais Languedoc est plus particulièrement associé au vin et au tourisme balnéaire. Le nom évoque les vacances, le soleil pour les habitants du Nord de la France. À l’étranger il n’est pas sûr que la notoriété ce nom soit importante, sauf dans les pays francophones d’Europe (Belgique et Suisse).

Gentilé

Languedoc Occitanie

Midi

Les gentilés languedocien et occitan ont l’avantage d’exister dans différentes langues et d’être d’un usage courant. Toutefois ils possèdent une acception linguistique qui peut être source de confusion. Mais il en est de même de français, catalan, ou anglais qui peuvent désigner soit une langue, soit une personne. Il n’existe pas de gentilé correspondant à Midi. En ajoutant à ce nom le suffixe –ien ou –ois cela donnerai midien ou midois. Pas sûr que ces gentilés soit facilement associés à Midi.

     Au terme de ce comparatif le nom Midi semble recalé sur bien des points. Quant aux noms Languedoc et Occitanie, ils sont presque équivalents. Toutefois Languedoc a l’avantage de l’ancienneté, de la notoriété hors de la région et d’être plus conforme à son étendue géographique C’est sans doute pourquoi ce nom a la préférence du comité du nom, du Comité économique et social de la région et de nombre de spécialiste tels que les historiens Rémy Pech ou Emmanuel Le Roy Ladurie. (Voir article précédent). En revanche Occitanie a l’avantage de la notoriété dans la région puisqu’il n’est pas perçu par tous dans son étendue géographique large.

 

     Les sondages réalisés sur les sites des journaux donnent des indications en ce sens. Sur le site du quotidien l’Indépendant (qui couvre l’Aude et les Pyrénées-Orientales), c’est la combinaison Occitanie-Catalogne qui semble l’emporter, parce que c’est la seule qui convienne aux demandes identitaires d’une partie des habitants des Pyrénées-Orientales. (Bizarrement, la  combinaison Languedoc-Pays catalans n’a pas été proposée). Sur le site de la Dépêche (qui couvre presque toute la région), c’est le nom Occitanie qui l’emporte. Car la majorité des lecteurs de ce quotidien habitent l’ancienne région Midi-Pyrénées et plus particulièrement l’agglomération toulousaine. Autrement dit, les élites penchent plutôt pour Languedoc alors que le peuple penche plutôt pour Occitanie, où, en Roussillon, pour Occitanie-Catalogne. Le poids démographique de la ville rose est tel dans la nouvelle région que le résultat de la consultation risque donc d’être déterminé par les toulousains.

 

     Le résultat de la consultation populaire sera sans doute Occitanie, à moins qu’un effort pédagogique soit fait pour Languedoc. Toutefois, l’assemblée régionale, dans sa séance du 12 juin prochain, peut faire un autre choix, par exemple celui d’Occitanie-Pays catalan, solution politique qui peut convenir aux partisans des deux identités et qui respecte le choix populaire le plus probable. Restera alors à franchir une dernière étape, celle de la validation du nom par le Conseil d’état. Or, dans notre pays jacobin et centralisateur, dont l’administration et la majorité des hommes politiques ont rejeté plusieurs fois la ratification de la charte européenne des langues régionales, il n’est pas dit qu’un nom très identitaire tel que Occitanie-Pays Catalans soit validé.

 

 

Pour en savoir plus :
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Quéribus dans la BD (2)

Quéribus, symbole de la résistance occitane

 

     Dans un premier article nous avons découvert comment la silhouette du château de Quéribus avait inspiré le décor d’une bande dessinée mêlant aventure et fantastique au Moyen Âge : Les Compagnons du crépuscule de François Bourgeon. D’un tout autre genre est l’album Pitchou d’Oc découvre l’Occitanie, signé en 1987 par Christian Cau et Robert Pradines.  Influencés par les mouvements occitanistes les deux auteurs ont choisi de faire découvrir leur région aux enfants. Leur héros, Pitchou d’Oc, est en lui-même une synthèse des éléments mémoriels les plus emblématiques de l’histoire et la culture régionale :
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Une des vignettes illustrant le récit du siège de Quéribus en 1255 imaginé par Christian Cau et dessiné par Robert Pradines.

 

Pradines-Robert-Pitchou-D-oc-Decouvre-L-occitanie-Vol-1-Livre-846610837_L     Petit troubadour, Pitchou d’Oc est né à Cucugnan le jour de la chute du château de Montségur (16 mars 1244) d’un père toulousain et d’une mère catalane réfugiés dans les Corbières pour fuir l’Inquisition. Un temps à l’abri la famille est rattrapée par la guerre. Au printemps 1255, le sénéchal de Carcassonne et le seigneur Olivier de Termes arrivent à la tête d’une forte armée. Ils viennent réduire le château Quéribus dans lequel Pitchou d’Oc et sa famille se sont réfugiés en compagnie d’autres cathares. La forteresse semble imprenable. Aussi les assiégeants choisissent de réduire ce nid d’hérétiques par la famine. L’indomptable Chabert de Barbaira, protecteur des cathares, est contraint à négocier la reddition. Mais Pitchou d’Oc et son compagnon Amiel parviennent à s’enfuir de la forteresse par un souterrain, avant de se réfugier en Ariège…

 

     Le scénariste, Christian Cau, conservateur des archives de Toulouse, apporte à cette bande dessinée la caution scientifique et pédagogique de l’historien. Mais si le siège de Quéribus est un évènement authentique, il est associé dans la suite du récit à tout  un discours ésotérique autour du saint Graal. Les auteurs adhèrent sans réserve à une histoire et une archéologie imaginaire du catharisme née dans la première moitié du XXe siècle et toujours à la mode de nos jours. En effet, dans la suite du récit, le jeune héros suit un parcours initiatique qui le mène à la découverte du Graal au château de Montréal-de-Sos puis à recevoir la croix de Toulouse ramené d’Orient. Muni de cet objet magique, il peut voyager dans le temps à la découverte de l’histoire de l’Occitanie.
Quéribus apparaît donc, au même titre que d’autres châteaux cathares tel que Montségur, comme le support d’une histoire fantasmée où cathares et occitans sont confondus dans une perspective régionaliste et ésotérique.

 

     (A suivre…)

 

A noter : la B.D. a inspiré des organisateurs d’un trail (course à pied dans la nature) pour enfant au départ de Cucugnan qu’ils ont baptisé du nom du héros, Trail Pitchou d’Oc. Voir L’Indépendant du 17 mai 2012.
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Le choix d’un nom pour Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

La procédure

Un logo provisoire et minimaliste pour la région dans son année de transition 2016

Un logo provisoire et minimaliste pour la Région dans une année 2016 de transition

     Le choix du nom définitif de la région issue de la fusion de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées est entré dans une phase active. La Région a d’abord lancé une consultation ouverte à tous destinée à recueillir des propositions de nom. Un comité de consultation composé de 30 membres, réuni le 4 avril 2016 à Carcassonne, a retenu huit propositions. Lors de sa séance plénière du 15 avril prochain le Conseil régional retiendra parmi ces propositions celles qui seront soumises à une consultation citoyenne. Il décidera lors de la même séance la méthode par laquelle l’ensemble des citoyennes, citoyens et lycéens de la Région seront consultés. Suite à cette consultation citoyenne, les élus régionaux adopteront en assemblée plénière le 24 juin 2016, une résolution fixant leur choix. Un décret en Conseil d’Etat devra valider ce nom avant le 1er octobre 2016.

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Les propositions du Comité du nom    

Voici la liste des propositions de nom dans l’ordre dans laquelle elle a été publiée :

  • Languedoc
  • Terre d’Oc
  • Occitanie
  • Pyrénées-Méditerranée
  • Languedoc-Pyrénées
  • Pays d’Oc
  • Midi
  • Occitanie-Roussillon

     Cette liste appelle quelques réflexions. Les noms proposés se répartissent en deux catégories :

     Six sur huit sont porteurs d’une forte identité occitane, que cela soit à travers les termes Oc, Languedoc ou Occitanie. Le comité semble avoir avalisé le souhait des lecteurs des journaux du groupe la Dépêche qui s’étaient prononcés très majoritairement en faveur de noms identitaires. En revanche la référence à une identité catalane n’apparait que dans une seule proposition et sous la forme Roussillon. Les propositions contenant le mot catalan ou Catalogne ont été écartées, sans doute parce qu’elles apparaissent comme sources de polémiques, dans le contexte du développement de l’indépendantisme catalan outre Pyrénées.

     Deux noms ne font aucune référence explicite à l’identité culturelle et linguistique locale. Ils sont empruntés à la position géographique par rapport à Paris (Midi), ou au relief (Pyrénées-Méditerranées). Ces choix rappellent ceux des départements français. En 1790 l’Assemblée nationale avait voulu, en donnant aux départements des noms empruntés au relief (rivières, fleuves montagnes ou mers), faire table rase avec le passé, ses identités locales et ses privilèges. La consultation des forums et commentaires en ligne montre que le choix d’un nom sans référence identitaire possède ses partisans. En effet certains craignent qu’un nom identitaire, tout comme la reconnaissance officielle de l’Occitan via la ratification de la charte européenne des langues régionales, serait un pas vers l’éclatement de l’unité française.

 

À mon avis la liste proposée est encore trop longue. Il subsiste encore des variantes qui risqueraient de favoriser, comme dans les élections, la dispersion des voix. Par exemple il faut faire un choix entre Terre d’Oc et Pays d’Oc.

     Pour ce qui est de la méthode, le choix d’une consultation très large, qui ne soit pas limitée aux seuls électeurs de la région mais aussi au lycéens et éventuellement aux « expatriés » part d’une bonne intention. Mais cette méthode risque d’être difficile à mettre en oeuvre. Le référendum, jugé trop coûteux, semble écarté. Reste la solution d’un vote électronique mais qui risque de ne pas être fiable. La solution la plus fiable serait un sondage réalisé sur un large échantillon représentatif de la population par un institut indépendant. Cette solution permettrait également de ne pas se contenter d’un simple vote, mais de demander aux sondés de procéder à un classement.

Quelques enjeux du nom : identité et gentilé

     Quelque soit la méthode adoptée il me semble que les citoyens doivent être informés des enjeux des différentes appellations et puissent débattre de ces enjeux. Le nom d’un territoire doit plaire aux habitants de ce territoire. Mais il doit aussi permettre aux étrangers d’identifier facilement ce territoire. C’est sans doute pour cela que le nom Septimanie a été écarté pour notre région tout comme Austrasie pour la région finalement appelée Grand Est. Ces noms ne sont plus en usage depuis le Moyen Âge et sont donc peu connus en dehors du milieu des historiens. Le nom doit également être porteur de valeurs positives. Ainsi Sud de France a sans doute été écarté en raison de son acronyme SDF peu valorisant. Le nom doit également pouvoir être associé à un gentilé. Voici par exemple ce que cela donnerait en associant les suffixes –ien ou –ois aux différentes proposition :

  • Languedoc : languedocien (nom déjà existant).
  • Terre d’Oc : terredocien ? terredocois ? ociens ? ocois ?
  • Occitanie : occitan (déjà existant mais source de confusion) ou occitanien ?
  • Pyrénées-Méditerranée : pyrénéeméditerranéen ? (trop long) ou pyrénéen (nom existant mais aussi marque commerciale de confiseries donc source de problèmes).
  • Languedoc-Pyrénées : languedocpyrénéen ? (trop long).
  • Pays d’Oc : paysdocien ? paysdocois ?
  • Midi : midien ? midois ?
  • Occitanie-Roussillon : occitano-roussillonnais ? (trop long).

     Ce petit exercice montre que les noms composés se prêtent mal à la création de gentilés, à moins de ne retenir qu’un élément du nom. Restent donc seulement quatre noms qui peuvent être associés à un gentilé plus ou moins satisfaisant : Languedoc, Terre d’Oc, Occitanie et Midi.

 Le choix du nom Languedoc

Histoire-du-Languedoc     Dans la liste publiée par le comité du nom, l’appellation Languedoc arrive en premier, signe que cette appellation semble avoir la préférence des membres du comité.  Pour expliquer ce choix, il faut revenir à l’origine du nom.

Les origines du nom

     L’italien Dante, dans son ouvrage De vulgari eloquentia (1303-1304), distingue trois familles de langues romanes, selon leur manière de dire oui : la langue d’oïl (correspondant au français) ; la langue de si (correspondant à l’italien, l’espagnol…) et la langue d’oc (correspondant à l’occitan occitan et au catalan). En réalité l’expression langue d’oc apparaît quelques années avant, dans les documents de l’administration française. Elle désigne alors le domaine royal formé par la réunion des anciennes possessions des comtes de Toulouse et des Trencavel, vicomtes d’Albi, Béziers et Carcassonne. L’expression apparaît sous la forme latine suivante : in partibus lingua occitana, que l’on peut traduire par « dans les terres de langue d’oc ».

L’étendue géographique du Languedoc

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Cette carte, issue de l’excellent Atlas historique de la province de Languedoc réalisé sous la direction d’Élie Pélaquier, permet de comparer les limites de la région LRMP avec plusieurs divisions administratives anciennes. L’étendue de la Narbonnaise et de la province de Languedoc correspondent à un peu plus de la moitié de l’actuelle région. L’étendue de la juridiction du parlement (ou cour d’appel) de Toulouse constitue déjà un grand Languedoc coïncidant à plus de 75 % avec la région LRMP.

     Autrement dit, vers 1300, l’expression langue d’oc sert, au sens large, à désigner les langues catalano-occitanes qui sont alors perçues par les troubadours comme une langue unique. En ce sens l’ensemble de l’actuelle région appartient au domaine linguistique de langue d’oc, qu’on y parle gascon, languedocien ou catalan. Au sens restreint l’expression langue d’oc désigne la future province de Languedoc.

     Bien que l’étendue de cette province ne coïncide qu’avec la moitié de la région, elle comprend déjà les deux métropoles régionales de Toulouse et Montpellier et une partie de leur zone d’influence (voir carte ci-dessus). Si l’on tient compte de la répartition actuelle de la population, c’est sans doute plus des trois-quarts des habitants de la région qui vivent sur le territoire de l’ancienne province de Languedoc.

Un usage continu du nom

LeLanguedoc

Le bimensuel Le Languedoc, publié à Toulouse à partir de 1891, est l’un des nombreux témoignages de l’usage encore vivant du nom de l’ancienne province dont la ville rose était l’une des deux capitales. Sur cette image, servant d’en-tête au périodique, figure une vue de Toulouse d’où se détachent la silhouette de ses monuments les plus emblématiques dont l’église Saint-Sernin et un pont sur la Garonne. Le dessin est surmonté par les armes du Languedoc, telles qu’elles figurent sur les monuments construits par la province. La région est également symbolisée par un soleil, des palmes et un rameau d’olivier. Source : Gallica.

     Si la province de Languedoc a disparu avec la création des départements en 1790, l’usage du nom Languedoc est resté vivant jusqu’à nos jours pour désigner l’étendue de l’ancienne province. En témoigne par exemple le titre d’un éphémère bimensuel publié à la fin du XIXe siècle à Toulouse (voir ci-dessus). Ou encore l’Histoire du Languedoc de 1900 à nos jours, publié par maison d’édition toulousaine Privat en 1980 (voir ci-dessus). Ce n’est qu’avec la transformation, en 1982, des régions en collectivités territoriales, que l’usage du nom Languedoc se réduit pour ne désigner que sa partie méditerranéenne, c’est à dire les départements de la Lozère, du Gard, de l’Hérault et de l’Aude. Pour les plus jeunes Toulouse peut apparaître comme ne faisant pas partie du Languedoc. Il y a donc un effort pédagogique à faire sur ce point là.

En guise de conclusion

     Comme je l’avais écrit dans un précédent article sur ce blog, le nom Languedoc semble le meilleur choix. C’est le nom le plus consensuel pour concilier les différentes identités locales. C’est aussi le plus ancien, son usage est continu et il bénéficie d’une fort notoriété, notamment dans le domaine viticole. Cela n’empêche pas, toute comme vient de le faire la Région Grand Est, de mettre en sous titre d’autres noms tels que Pyrénées, Méditerranée ou Roussillon.

Pour en savoir plus :

     Les journaux du groupe la Dépêche ainsi que France 3 et France bleue proposent un vote sur les huit propositions :

     Ces journaux ont également publié une série d’interview sur le sujet. Voir en particulier :

     Si le nom Occitanie semble pour l’instant  emporter la faveur des votants en Midi-Pyrénées, ce choix pose des problèmes quant à son étendue géographique.  Voir en particulier les excellentes remarques que Michel Santo a publié sur son blog, la position de l’Institut d’Estudis Occitans et celle du Comité économique social et environnemental (CESER) :

      Des catalans protestent contre le choix du comité du Nom :

Différentes pétitions ont été mises en ligne et notamment :

Voir aussi les articles que j’ai publiés sur le même thème sur mon blog  :

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Mythes et légendes de l’Aude

Jeudi 14 avril 2016 à 18 heures à la médiathèque Grain de sel, de Carcassonne.

Vous avez dit trésors ? À Rennes-le-Château, dans l’Alaric ou à Carcassonne ? Princesse, fées et lieux magiques peuplent nos contrées, venez découvrir ou redécouvrir les mythes et légendes de l’Aude. Retracer leurs origines, leurs évolutions et transformation lors d’une rencontre avec Véronique Barreau et Gauthier Langlois.

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Rencontre organisée dans le cadre du programme Mythes et légendes de l’Aude, avec Véronique BARRAU, auteur de Balades et légendes en Terre d’Aude et Gauthier LANGLOIS, auteur de plusieurs études sur le légendaire audois et co-auteur de la BD Histoire(s) de Carcassonne. Rencontre organisée par la Médiathèque de Carcassonne-Agglo dans le cadre du rendez-vous mensuel Le thé de la connaissance.

Ajoutez cet évènement à votre agenda :

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Hommage de Dame Carcas aux victimes des attentats du 13/11/2015

Manifestation Je suis Charlie à Carcassonne 11 janvier 2015

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