Carcassonne hier et aujourd’hui : un livre sur la restauration de la Cité

CarcassonneHierEtAujourd'hui     François de Lannoy, rédacteur adjoint de la revue Moyen Âge vient de publier Carcassonne, hier et aujourd’hui. Ce livre, centré sur la restauration de la Cité, s’appuie sur la mise en relation de photographies anciennes, issues des Archives départementales de l’Aude, avec des photographies récentes, pour montrer les différentes étapes de la restauration. Il s’attache aussi à faire comprendre les choix et enjeux de la restauration, en évoquant les polémiques autour de la couverture des toits des tours, de la reconstitution du Pont levis de la porte Narbonnaise etc. Cet ouvrage clair et pédagogique, abondamment illustré, est accessible à tous.

     La suite du compte rendu de cet ouvrage est à lire sur le site Cliothèque. Et en complément voici un petit développement sur la porte Narbonnaise, évoquée plus succinctement par François de Lannoy:

La restauration de la porte Narbonnaise et ses abords

La porte Narbonnaise photographiée par Julles Tillet en 1906. Source : Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

La porte Narbonnaise photographiée par Julles Tillet en 1906. Source : Ministère de la Culture (France), Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.

     Sur cette photo, non utilisée par François de Lannoy, on aperçoit au premier plan l’enceinte extérieure sur laquelle s’appuie encore une des maisons qui encombraient les lices. On aperçoit à l’arrière plan les tours de la porte Narbonnaise et du Trésau, couvertes par Viollet-le-Duc d’ardoises. Suite aux polémiques sur ce type de couverture, les ardoises ont été remplacées au XXe siècle par des tuiles plates dont l’existence est attestée à la Cité, comme aussi celle de la lauze, de l’ardoise et de la tuile canal. A gauche apparaît le pont-levis construit par Paul Boeswillwald, élève de Viollet-le-Duc, et achevé vers 1900. C’est une des reconstitutions les plus contestables. En effet lors de l’achèvement des fortifications de la Cité sous le règne de Philippe-le-Hardi le pont-levis était un dispositif technique inconnu ou à ses premiers balbutiements. Ce n’est qu’à partir du XIVe siècle que les pont-levis se développent. Il faut imaginer là aux XIIIe et XIVe siècle un pont en bois dont le tablier pouvait rapidement être démonté en cas de menace. L’existence d’un pont-levis à l’avant porte Narbonnaise n’est attesté qu’à partir du XVIe siècle. Les livres de comptes de la sénéchaussée de Carcassonne du XVIe et XVIIe siècle, conservées aux Archives départementales, font état de diverses réparations à ce pont-levis. Ces documents dont l’étude est à reprendre n’ont pas permis de restituer pour l’instant l’aspect de ce pont. La reconstitution de Viollet-le-Duc réalisée par Boeswillwald est donc très incertaine et anachronique. De plus, pour réaliser ce pont l’architecte a détruit le pont en pierre moderne et, pour le mettre en valeur sa reconstitution, a détruit les bâtiments qui le précédait :  la porte Renaissance et le bâtiment où se percevait l’octroi. Seule la statue de Dame Carcas a échappé à la destruction, à la suite de l’intervention d’érudits carcassonnais.

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